Composé de milliers d’églises dont les communes sont le plus souvent propriétaires, le patrimoine religieux de la France est menacé. Face à la moindre fréquentation des lieux de culte, leur dégradation et le risque d’abandon d’une partie des édifices non protégés constitue un vrai défi de société, principalement au cœur des territoires ruraux. 500 édifices sont actuellement fermés, et entre 2500 et 5000 sont menacés d’abandon, de vente et de destruction dans les 10 prochaines années.
C’est pour répondre aux sollicitations de nombreux maires désarmés face à la dégradation de leur patrimoine religieux que la commission de la Culture du Sénat a nommé Anne VENTALON co-rapporteuse de la mission de contrôle « visant à faire la lumière sur l’état du patrimoine religieux, les menaces qui pèsent sur sa préservation et les moyens de contribuer à sa sauvegarde ».
Après plusieurs mois de travaux, celle-ci émis ses préconisations. Optant pour une approche souple et facilement opérationnelle, elle n’a pas souhaité modifier la loi de 1905, ni la répartition des compétences en matière de politiques patrimoniales. Au contraire, elle a souhaité mettre en valeur et harmoniser les instruments déjà à portée de main des élus.
Principales propositions :
– Lancer une opération nationale d’inventaire du patrimoine religieux permettant de disposer d’une cartographie sur l’ensemble du territoire à l’horizon 2030.
– Accompagner les communes dans la conservation de leur patrimoine religieux.
– Recourir aux Conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) pour évaluer l’état du patrimoine religieux et identifier les solutions possibles pour chaque édifice.
– Proposer au niveau départemental des outils destinés à accompagner les communes dans la conservation préventive de leur patrimoine religieux (carnet d’entretien, aides juridiques, techniques et financières).
– Permettre une réappropriation par les habitants et une resocialisation des édifices cultuels en favorisant, en accord avec les parties prenantes, les usages culturels, associatifs ou touristiques. Il s’agit de mieux ancrer les édifices cultuels dans le calendrier des activités de la commune et les transformer en « maisons communes », sans contrevenir à leur vocation religieuse.
– Développer des parcours de visites touristiques autour du patrimoine religieux à l’échelle des territoires. Encourager les initiatives bénévoles afin d’élargir les horaires d’ouverture des édifices.
Plus que tout autre type de patrimoine, nos églises portent l’identité et la mémoire de nos communes. Leur intérêt patrimonial peut et doit aussi contribuer au rayonnement et à l’attractivité touristiques de nos villages. La préservation et la mise en valeur de ce patrimoine constituent donc un réel enjeu pour les territoires et pour leurs habitants.
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